atd_luttons_contre_idees_fausses

Ne vous trompez pas, le titre est provocateur, inacceptable.
Vous avez raison d’être scandalisé !
Je suis en colère.

Honte à Laurent Wauquiez, ancien ministre de notre République, qui a jeté un jour à la télé « l’assistanat est un cancer ».
Je suis en colère.

Pauvres assistants sociaux, après trois années d’études, un Bac+3, ne seraient bons à rien, ou presque rien. Faire de l’assistanat ?
Si tel était le cas, pourquoi l’Etat dépense tant d’argent public à financer des diplômes d’Etat ? Hypocrisie.
Je suis très en colère.

Parce qu’il faut bien commencer ce blog par un mot, une phrase, une pensée. J’ai donc décidé de poser la première majuscule, une virgule et un point d’exclamation sur la profession. Le métier d’assistant social.

On ne peut nier, que la profession souffre d’une image négative, dévalorisée.
Le comble pour des professionnels, qui aident les gens en difficulté.

On a bien essayé de noyer le poison, de modifier la sémantique. L’assistant social a changé de renom. Il s’appelle désormais assistant socio-educatif.
Il fait de l’éducatif !
Pourtant ce n’est pas nouveau. L’éducatif, c’est bien le creuset de la profession.

Durant 3 années, l’assistant social est formé pour responsabiliser et amener les personnes accompagnées vers l’autonomie.
L’assistant social est guidé par le code de déontologie de l’Association Nationale des Assistants Sociaux (ANAS) :
L’Assistant de Service Social est au service de la Personne Humaine dans la Société. Son intervention vise:
– à l’épanouissement et à l’autonomie des personnes, groupes ou communautés
– au développement des potentialités de chacun en le rendant acteur de son propre changement
– à l’adaptation réciproque Individus/Société en évolution.

http://www.anas.fr/Le-code-de-deontologie_a735.html

Et ce n’est pas mince à faire !
La droite de Monsieur Wauquiez serait bien déçue de savoir que le code ne prévoit pas l’attribution automatique d’argent. Il aurait fallu qu’elle se renseigne sur nos attributions, notre travail d’évaluation, d’accompagnement.

Non l’assistant social n’a pas de tiroir caisse. Il ne distribue pas d’aides financières à tour de bras. Non l’assistant social ne donne pas de logement, ni de place en crèche. Il ne transforme pas non plus un ado en crise en doudou, d’un coup de baguette magique. Non l’assistant social n’est pas un avocat, ce n’est pas non plus un banquier, un notaire, ni un service d’obsèques ou encore la police. Non l’assistant social n’est pas la Préfecture, la CAF, la CNAV, la MDPH, la Sécu, la MSA, le RSI, Pôle emploi… Non l’assistant social n’est pas une machine, il n’a pas de carte mémoire de 36 Giga !

Et pourtant on lui susurre à l’oreille très FORTEMENT d’être tout cela.

Les 40000 assistants sociaux en France doivent jongler au milieu du millefeuille administratif, se fondre dans les dizaines de politiques sociales et les centaines de dispositifs réglementaires. Se battre avec l’administration. Accueillir plus de 9 millions de personnes pauvres et toutes les autres. Celles qui sont âgées, en situation de handicap. Celles qui connaissent à un moment de leur vie des moments difficiles, car la vie n’est pas un long fleuve tranquille, même pour les riches !

Alors quand un ministre crache sur la profession, je suis en colère !
Car l’on voudrait que l’assistant social soit sauveur de l’humanité, alors que les énarques au gouvernement depuis des dizaines d’années n’arrivent à rien.
Alors oui, c’est décidé.
JE SERAI EN COLERE !

Publicités