3968 politique de la ville

Petit constat, qui sera peut être partagé par mes collègues :
la politique de la ville fait de la discrimination.
Alors je suis en colère.

Elle discrimine à l’embauche,
des milliers d’assistant sociaux,
diplômé d’Etat après 3 années,
formés au développement social dans les quartiers.

Elle préfère recruter des salariés,
niveau Master dépassionné,
niveau de celui que la profession,
espère avoir à la suite d’une longue procession.

Pour rétablir un brin de vérité, l’assistant social n’est pas un guichet unique, du moins pas encore. Il ne passe pas son temps à compléter des dossiers administratifs, le plus souvent indigestes. Du moins pas seulement.
L’assistant social accueille, informe, oriente et accompagne les personnes en difficulté économique et sociale. Il est le déformé du travail social. Vous l’ignorez certainement, la particularité de l’assistant social, c’est de ne point juger. Accepter les personnes comme elles sont, et respecter leurs choix. Il faut les rendre acteurs, sujets. Décentrer de son cadre de référence, l’assistant social est là pour observer et analyser les situations. Il diagnostique les problèmes et problématiques d’un territoire géographique. Il est formé au développement social local. Doit savoir manier, tel un magicien, les dizaines de politiques sociales et dispositifs sociaux.
Alors pourquoi l’exclure de la politique de la ville ?

Statistiquement, les publics accueillis dans les services sociaux vivent un peu, beaucoup, passionnément, dans les quartiers dits de la politique … de la ville.
Ce sont des personnes le plus souvent qui touchent,presque rien, si ce n’est les indemnités chômage et les aides sociales, avec de faibles ressources, de faibles niveaux de qualification. En gros, ce sont les personnes cibles, qui permettent de qualifier de quartiers prioritaires, les quartiers « sur-subventionnés » de la politique de la ville.

La dernière loi de la politique de la ville donne un nouveau dessein de l’action publique dans les quartiers prioritaires. Le principe, c’est de recentrer les aides là où il y en a vraiment besoin. Beaucoup de moyens pour plus d’efficacité ?

Et côté acteurs ?
Les assistant sociaux sont encore laissés sur le banc de touche.
Les collectivités recrutent des chargés de développement local dans le cadre de la politique de la ville, avec comme seuil de recrutement, le fameux plafond des master+++

Pourquoi ne pas ouvrir ces postes à des travailleurs sociaux, habitués à accompagner les personnes de ces quartiers, avec une connaissance concrètes des difficultés et dispositifs, qui sillonnent leur chemin de vie ?

Méconnaissance du métier… quand tu nous tiens.
Je suis en colère.

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