Assistant social, c’est quoi ?

Ou plutôt, c’est qui ? C’est plutôt elles, que lui, mais parfois y a lui, enfin, une fois sur dix, aussi. C’est pas de la discrimination, c’est historique. Je ne vais pas vous faire un cours d’histoire, je ne veux pas vous endormir, alors ne partez pas. En bref, il y  a près de 2 siècles déjà, lorsque les femmes ne travaillaient pas, certaines se sont prises d’une mission sacrée, celle d’aider les pauvres, les indigents, les malades. Mi-infirmières, mi-assistantes sociales, ces dames de bonne fortune , qui deviendront plus tard des montres, oeuvraient ainsi pour aider les personnes en difficulté. Si vous voulez en savoir un peu plus, vous avez le droit à l’appel à un ami Google.

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Au fil des décennies, l’Etat s’est pris de solidarité. En 1932, le premier diplôme d’Etat d’Assistant de Service Social a vu le jour. Le sésame se mérite après trois années de formation dans un institut de travail social.

Et puis, avec l’essor de l’Etat-providence d’après guerre, vous connaissez la suite.

La suite, c’est celle de la propagation des assistantes sociales partout. On ne parlera pas de reproduction, car contrairement à d’autres professions issues de la noblesse, bizarrement, ce n’est pas chez les assistantes sociales, que l’on se reproduit de génération en génération. C’est dommage, l’entreprise est louable. D’ailleurs, notre Président, dont la mère était assistante sociale, serait alors un collègue, qui appliquerait des politiques sociales… de gauche.

Revenons à l’envahissement de la planète par les 45000 assistantes sociales. En fait, pas partout. C’est surtout dans le public avec 70% de fonctionnaires dans la profession, et un peu dans l’associatif, et très peu dans le privé. On se plaint souvent de l’intervention de l’Etat dans tous les pans de la société. Si les employeurs payaient mieux leur main-d’oeuvre, ne les traitaient pas comme des denrées périssables, jetées passée la date limite de con…sommation, il y aurait moins d’Etat. Faut-il encore rappeler que le secteur public compense les lacunes de l’initiative privée ?

Les assistantes sociales sont partout, à la maternité, à l’hôpital, dans les écoles, les structures de soins psychologiques, dans les services sociaux de proximité, dans les quartiers, à la Caf, à Pôle emploi, à l’assurance maladie, dans les tribunaux, les commissariats, dans les services du personnel, dans le pré et même à l’Elysée… mais dans le privé ?

Elles doivent tout savoir, tout connaître. Les lois, les règlements, les politiques sociales, les aides, les dispositifs de telle ou telle institution, avoir sous le coude, toujours, le numéro d’un partenaire, d’une association, et bien sûr, un paquet de mouchoir !

Coûte que coûte, elles doivent accueillir, informer, orienter et accompagner, de plus en plus de monde tombé dans la précarité. De plus en plus de monde perdu dans les méandres de la spirale infernale de l’administratif !

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Venons en à ces monstres d’assistantes sociales, celles qui enlèvent les enfants. Cette image, qui lui colle à la peau. Faut-il rappeler d’abord qu’enlever un enfant, c’est illégal ? Or, si un enfant est placé, c’est sur autorisation d’un juge. Surtout, n’oublions jamais qu’un enfant séparé volontairement de son environnement familial, c’est, à la base, un enfant en danger.

Les thématiques d’intervention sont tellement nombreuses, que je ne pourrai toutes vous les citer : protection de l’enfance et des personnes vulnérables, santé, logement, famille et éducation, handicap, aides aux démarches (toutes les démarches !), médiation, budget, droit,…

On fait ce qu’on peut, avec ce qu’on a.

Je garderai toujours en mémoire ces quelques mots de mon directeur de formation : On est là pour aider, ceux qui en ont le plus besoin. Les laissés pour compte, ceux qui n’ont plus qu’une oreille sur laquelle s’appuyer. Une écoute, empathique, sans jugement, sans a priori. Une personne avec qui la confiance peut se créer, et la relation d’aide s’établir entre deux êtres humains, tous les deux dans la même galère.

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