Le secret de l’assistant social 3/5

La profession d’assistant social n’est pas une profession comme les autres. Dans le secteur social, c’est la seule à être tenue au secret professionnel, par la loi. Cela signifie, que l’assistant social n’est pas autorisé à divulguer les informations, dont il est le dépositaire. Le code pénal sanctionne sévèrement les contrevenants. Vous pouvez venir au bureau de l’A.S. sans appréhension, sans peur. Rien ne sera répété à la Caf, à la Sécu, ni même à la police. Motus et bouche cousue.

Ce secret professionnel permet aussi de travailler avec les personnes accompagnées. Quitte à être payé, autant que le denier public acquiert service rendu. La relation de confiance entre le professionnel et l’usager est essentielle. Sans elle, le recueil des informations nécessaires pour évaluer justement la situation globale, et mettre en place un plan d’action négocié en vue de son amélioration, serait rendu difficile. L’assistant social ne dénonce pas, ne contrôle pas. Il est là pour aider, faciliter la (sur)vie des personnes en difficulté. Il est ce confident nécessaire, le dernier rempart face à Big Brother.

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Des descentes de police dans les bureaux des assistant sociaux pour connaître l’identité, les adresses, des personnes sans papier…aux informations réclamées par l’administration, la Caf, des bailleurs sociaux, lors de l’instruction de dossiers… l’assistant social doit rester vigilant à ce qu’il dit, ce qu’il écrit. Faut-il rappeler qu’en 2012, la Cnil a mis en demeure un gros bailleur social de Paris pour avoir informatisé des informations à caractère privé de ses locataires ?  On pouvait y trouver des problèmes de santé notamment « séropositif » « cancer des poumons » « alcoolique » et même « ancien SDF problèmes d’addiction ». Avec ce dernier stigmate, ce qui est « ancien » devient présent, pressant pour dessiner l’avenir… Un jeu dangereux de l' »im »formation, qui commune nique des vies !

Le code civil donne le droit à chacun d’entre nous à préserver une vie privée.

Banaliser ces effractions, c’est vulgariser le droit. Un droit assis sur des valeurs républicaines : l’égalité, la liberté et la fraternité.

L’égalité, parce qu’on naît tous égaux, bien que le temps nous sépare.

La liberté, parce qu’on naît tous libres, bien que le temps nous attache.

La fraternité, parce qu’on naît tous Homme, bien que le temps nous déclasse.

Aux côtés de l’assistant social, en matière de protection de l’enfance et de Rsa, tous les professionnels, qui concourent à ces deux missions, sont tenus au secret professionnel (ouf!). Ceux-ci ont cependant le droit de partager quelques informations depuis 2007, avec pour strict objectif, d’aider à améliorer la situation de la personne aidée.

Parfois, les personnes accompagnées, sont fières, lorsqu’elles ont, notamment,  eu la « chance » d’expliquer leurs problèmes à un élu ou un responsable de l’administration. Dans une grande ville, ça peut encore passer. Mais dans une petite ville, où les frontières entre vie professionnelle et personnelle, entre famille et emploi, entre ami et collègue s’estompent gravement, les conséquences, souvent insoupçonnées, peuvent être importantes. Les rumeurs se répandent vite et partout. Les subjectivités des uns et des autres ont le pouvoir.

Vous êtes fichés ! Fallait pas tout leur dire !

 

 

 

 

 

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