La Fin de l’assistant social ? 5/5

C’est la fin, où plutôt certains semblent avoir faim de l’assistant social. Il y a plusieurs années, j’avais déjà ce sentiment amer, que mon métier était en voie de disparition. Méconnu ou inconnu, dévoyé ou ignoré …

Celui-ci a été rebaptisé, en ce début de siècle, en assistant socio-educatif. Bah oui, on ferait aussi de l’éducatif, paraîtrait-il, en plus de notre mission d’agent administratif, que d’aucuns, par leur impérité, voudraient nous assigner à perpétuité.

Le terme générique d’assistant socio-educatif renferme, en fait, plusieurs professions, métiers. Assistant social, Educateur spécialisé, Conseiller en économie sociale et familiale forment ainsi le trio gagnant pour un aller sans retour en ilotie. Avec la réforme des diplômes d’Etat, qui pointent son nez, c’est la fusion des métiers du secteur social, qui se prépare. Parce que tout ne pourra pas rentrer dans la valise, il va falloir sélectionner. Entre produire des dossiers, instruire des aides, poser des actes quantifiables… et écouter, tenter de comprendre les situations, poser un diagnostic pour un accompagnement durable, prendre le temps d’évaluer, de respecter l’éthique et la déontologie… le choix va être simplifié, vite fait mal fait !

Résultat à court terme quand tu nous tiens ! La gestion du secteur social se libéralise.

Plus pernitieuse, la fin est annoncée aussi de à l’extérieur. Florilège de la politique de la ville, nous devons faire face  à une acmé de nouveaux métiers. ll y a d’un côté les « socio-culturels », et de l’autre, les agents de développement local. Une ribambelle d’acteurs, qui envahissent les territoires populaires. Ce n’est pas un problème en soi. Plus on est nombreux, et mieux pourra t-on lutter ensemble, et améliorer la vie de millions de personnes en difficulté. Espérons le. Cela est pourtant perturbant pour un professionnel diplômé d’Etat, avec 3 années d’études dans un institut de travail social.

En effet, pourquoi vouloir à tout prix chercher midi à quatorze heures ? L’Etat dépense, chaque année, des millions d’euros pour former des travailleurs sociaux au travail social, à l’intervention collective, au diagnostic territorial, au développement social local ! Il suffirait de « piocher » dans toutes ces ressources humaines, emplies de valeurs humanistes. A la place de cela, on préfère recruter des personnes non diplômées, des étudiants à Bac+5… tout en laissant des centaines d’assistants sociaux sur le carreaux, à cumuler des mi-temps, des quart-temps et même des « cinq-temps ».

Ignorance de nos professions par le politique, qui empile, cloisonne, transforme travail en sinécure, encore et encore les ressources de notre pays, ou bien réelle volonté de mettre fin à l’emmerdeur assistant social, avec son secret, ses valeurs, son évaluation progressive et sa sempiternelle indignation ?

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