Loi travail #onvautmieuxqueca

ou Vers une société à durée déterminée…

L’actualité déconcertante du projet de loi vive-les-licenciements ne laisse pas pantois une grande part de la population, qui a décidé d’agir. Jeunes et moins jeunes, tous semblent vouloir défendre le mur protecteur, que la force obscure luciférienne des libéraux tente de faire tomber.

Après tout, la France ne s’est-elle pas construite et élevée grâce aux luttes, aux révoltes ?

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Rien d’anormal donc. A cela près, que le peuple se soulève, cette fois-ci, contre une gauche. Il y a de quoi être en colère, lorsque ceux que vous croyez braves, vous embourbent dans une félonie sans gêne.

« Le Travail, c’est la santé, rien faire, c’est la conserver ». En 1965, pendant les Trentes Glorieuses, on le savait déjà ! Il était si bon Henri, lorsqu’il nous la…chantait : https://www.youtube.com/watch?v=Q7IwInwZxp0

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Vous l’aurez compris, la Société a  toujours souhaiter évoluer sur la ligne ascendante du progrès. Le travail sert à produire des biens et des services vendus, dont les ressources procurent des richesses, des salaires, à partager équitablement, afin que tout le monde puisse profiter de ce progrès. Elever des enfants, se loger confortablement, se vêtir, partir en vacances, voire créer son activité pour ne plus être assujetti à cette privation de liberté à durée indéterminée du C.D.D !kvst

Oui, bien, il y a encore des progrès à accomplir apparemment…

Le mot Société vient du latin socius, un compagnon, un associé. En sciences humaines, la Société, c’est un ensemble de moeurs et habitudes partagées par la population. En matière de travail, que partageons-nous ? Qu’est-ce qui fait sens à la Société ? Quelles sont les valeurs partagées, qui nous guident tous ? Finalement, pour quelle Société votons-nous ? Quelle Société voulons-nous ?

Il n’y a pas d’oracle ici, ni même un économiste, pour prédire l’avenir social et économique d’un pays. Cela se saurait, et depuis bien longtemps. Néanmoins, quelques chiffres pour tracer les perspectives du chemin, que nous prenons en réduisant en charpie le cadre protecteur du droit du travail… Car rappelons le, un code n’a d’existence, que parce qu’il protège, qu’il est partagé par la Société. C’est notre contrat social, comme Rousseau a bien voulu nous le léguer.

Les chiffres sont là et las. Ils ont baissé les bras. Pourtant, qu’ils étaient braves en début de victoire. La bataille du progrès social est-elle désormais perdue ? Le mal semble ronger la Société a petit pas. Le pas est vif et frappe le bitume sur un air CA PI TAL… La société perd sa majuscule, se délite.

De moins en moins de CDI, de plus en plus de CDD. Précarisation de la Société …

En 1982, le CDI représentait 95% des formes de contrats de travail, contre 86% aujourd’hui. Soit une baisse de 9 points en 20 ans seulement. Depuis la fin des années 80’s et les années 90’s, rappelons que le libéralisme s’impose, malgré les résistances, dans le privé comme dans le public. Alors que dans la France d’après guerre, l’Etat est interventionniste, s’attachant surtout à créer des droits et à les protéger.

Nous pouvons malheureusement espérer, d’ici 2050, au train où iront les réformes, que le CDI souverain sera déchu de sa fonction, pour laisser place à son pantin, le CDD. D’ailleurs, la hausse des CDD ,dans la part des contrats, explose. Elle a doublé entre 1982 et 2012, et s’élève désormais à plus de 10% des formes de contrats de travail.

Le barrage protecteur de ces dernières décennies semble avoir lâché. Tout est permis désormais !

Ce sont les ouvriers et les jeunes les plus touchés par les CDD. On flexibilise déjà assez !

Le plus stupéfiant, ce sont les inégalités selon les CSP. Chez les ouvriers, le CDI ne représente plus que 68% des contrats aujourd’hui, contre 90% en 1982. On préfère les exploiter avec des CDD, dont les durées sont de plus en plus courtes ! En revanche, chez les cadres, le CDI est toujours la forme de contrat plébiscitée par les employeurs, avec une proportion toujours de plus 90%, quasiment stable. Le rapport de force est bien différent, rien d’étonnant.

Autre avertissement, chez les jeunes, le CDI est passé de 82% en 1982, à 46% aujourd’hui seulement ! En gros, on exploite le jeune, qu’on fait déguerpir à la fin de la période d’essai ou par la pression, liée à l’intensité du travail.

Plus d’un tiers des CDI  ne dure pas plus d’une année ! Licenciements et démissions ! Alors, qu’on ne nous fasse pas croire, que le CDI est un frein  à quoique ce soit. C’est un frein à rien.

Plus de chiffres dans l’étude DARES 2012 http://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/2014-056-2.pdf

L’être humain est devenu depuis longtemps pour les entreprises une variable d’ajustement.

La société du travail change. Le CDI disparaît, pour laisser place aux CDD. Pourquoi ? Parce que la main d’oeuvre est une variable d’ajustement en microéconomie, c’est à dire dans une entreprise. On se sert dans la masse des ouvriers et employés, en revanche, les cadres sont protégés par leur CDI. Pas étonnant, puisque ce sont les cadres, qui mènent les politiques de la boîte !

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Mais la Société, notre Société, veut-elle vraiment de ça ? Un monde où seuls les CDD existeront ?

Les assistant sociaux ramassent ces travailleurs cassés par le libéralisme.

J’accueille au quotidien des personnes ayant perdues leur travail, pris dans le marasme des vicissitudes de la vie, devenue un drame immoral, lorsqu’on perd son emploi. Encore hier, il y avait cette femme détruite par le travail. Son employeur l’exploitait, ne lui payait plus les heures supplémentaires, acculée par l’intensification de ses missions. Que voulez-vous qu’une femme de ménage grinche contre le patron, qui lui, à l’air de bien maîtriser le code du travail ? Elle a fini en dépression. Elle vit dans une chambre de 9m2 sans eau chaude, ni électricité ! Elle s’éclaire à la bougie, au XXIème siècle ! A 60 ans, sans droit à la retraite, elle survit avec le RSA, soit 500 balles par moi. Elle n’a pas eu la chance d’avoir un CDI !

En tant qu’assistant social, je ne peux défendre, ni accepter cette réforme du travail. Ce n’est pas une réforme progressiste, mais une réforme régressive.

Rappelons que toute la Société est fondée sur le CDI … grâce à lui vous pouvez vous loger, faire des projets … Incohérences, quand tu nous tiens ! Et qui en pâti encore ? Les gens, qui ont moins que rien !

On veut abattre des femmes et des hommes, au lieu d’abattre les charges sociales et de limiter la course aux profits financiers !

Le coût du travail n’est pas qu’une affaire de licenciements et de flexidébilité. C’est une question de charges et de recettes.  L’homme qui travaille et produit de la valeur dans une entreprise n’est pas une charge. L’Etat est bien mauvais cuisinier, quand on sait qu’il accule les entreprises de cotisations, pour une grande part gaspillées, à cause de sa trop grande rigidité.

C’est l’hôpital, qui voudrait bien se foutre de la charité !

 

Les chiffres des CDI et CDD en image :

 

 

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