Les castes dans la fonction publique !

La fonction publique a ses règles particulières. Parce qu’elle doit répondre au grand principe séculier d’égalité, nous sommes tous – en théorie – assurés d’être traités sous le même pied … de l’égalité.

C’est la raison d’être des concours pour accéder à la fonction publique. Ce mode d’accès aux emplois publics de l’Etat, de la territoriale et de l’hôpital doit garantir -en principe – un recrutement impartial. Il n’y a pas de tête, ni de client…élisme. Tous égaux.

Une fois le sésame obtenu, on vous attribue une lettre. C, pour les exécutant, B pour ceux qui appliquent, ou A pour ceux qui élaborent, qui réfléchissent quoi. Parfois il y a un + et seulement un +, car dans le fonction publique, il n’y a pas de – , on avance à marche forcée au fil des ans. C’est la carrière sans haut risque, une carrière pour la vie.

Pour la vie, pour qui n’en veut. En période de chômage, la fonction publique serait attractive. En période de croissance, le fonctionnaire est exposé à la risée de ses chalands. Il y en a même qui disent, que le recrutement d’un fonctionnaire, c’est un chômeur en plus.

Permettons-nous d’en rire un peu.

Un fonctionnaire surmené déclare :
– Il y avait du travail pour quatre heureusement on était huit !

Quel est le jeu favori des fonctionnaires ?
Le mikado : c’est le premier qui bouge qui a perdu.

Comment fait un fonctionnaire pour vous faire un clin d’oeil ?
Il ouvre un oeil !

Je reste persuadé, que du travail, il y en a et il y en a pour tout le monde. Certes, un peu plus pour ceux qui en veulent. Pour en vouloir, il faut pouvoir aussi. Ne pas tomber dans l’ennui, la démotivation, la frustration. Avoir la possibilité de progresser, d’évoluer vers des fonctions, des postes, qui animent les intérêts personnels et professionnels de chacun.

Dans le privé, tout reste possible. Une formation, un bon réseau, un diplôme … une candidature, un ou deux entretiens et les clés de ce nouveau poste tant espéré.

En revanche, dans le public, c’est une autre histoire. C’est l’histoire des castes. La caste C la plus ouverte, la caste B qui fait peau de chagrin, et la caste A la plus fermée pour tous ceux qui espèrent évoluer vers des postes à responsabilité forgeant leur intérêt.

Pour passer d’une caste à une autre, il n’y a pas de solution. Passer le concours de la lettre voulue ou bien patienter toute une vie pour être promu. Pour cela, il est conseillé de ne pas trop bouger, de rester sur un poste de longues années, devenir le doyen, pour avoir force de droit devant un moins ancien, un moins que rien, pourtant mieux formé et motivé. Les fonctionnaires bougent peu. Leur fauteuil est leur compagnon de vie – au travail – avec lequel ils peuvent vieillir.

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La législation  française est faite d’incohérences, c’est bien connu. La fonction publique n’y échappe pas. En parallèle de ce système archaïque, dit de carrière, apparaissent des lois dites de « mobilité » pour impulser, créer des dynamiques de changement au sein des services publics. Car le changement – c’est bien connu – c’est maintenant.

Mais la fonction publique est bloquée. Elle est ancrée dans une préhistoire qui semble inscrire dans le marbre son avenir. Finalement nous restons dans un passé hérité de la bureaucratie, qui a construit les castes de cette fonction publique.

Enfermés dans une catégorie, de la lettre dépréCiée, en passant par la lettre suBjuguée, à la lettre mAjestueuse, les fonctionnaires ne peuvent espérer évoluer, malgré leur mérite, leur diplôme, leur formation, leur expérience… bref , tout ce qui fait leur compétence professionnelle.

Et c’est là que le bâts blesse. Imaginez un agent de catégorie C, qui souhaite évoluer en B ou en A. Très peu de postes ouverts au concours. C’est un peu comme espérer gagner au loto. Beaucoup de candidats, mais très peu d’élus. Des milliers de candidats pour quelques dizaines de postes à pourvoir. Cet agent C a un diplôme supérieur, il s’est même formé tout au long de sa vie professionnelle. Il est tout à fait compétent pour pourvoir un poste de catégorie B voire de catégorie A, mais ne pourra jamais y accéder. Un C n’a pas le droit de candidater pour un poste de B, un B pour un poste de A et l’inverse, c’est pareil ! Après cela, il faut que le fonctionnaire reste motivé.

La fonction publique est sclérosée. La mobilité restera une abstraction, une fable, tant que la cAste ne cheminera pas réellement vers un sphère publique d’un seul tenant et sans enclave.

Voilà un réel enjeu de management public pour les années à venir.

Un seul concours pour entrer dans la fonction publique. Respect du principe d’égalité. Pour permettre ensuite des recrutements en fonction des compétences, garantissant un réel droit à la mobilité, et la disparition des castes dans la fonction publique.

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