Un 49 de Troie pour une vraie politique du logement ? Expulsions locatives 5/5

Dernier article de la série de 5 relative aux expulsions locatives. A l’heure où l’on veut forcer le bouchon un peu trop fort avec un 49 de Troie, il est temps de se questionner sur la politique du logement.

Si le travail impacte notre vie, nos familles, le logement est une problématique tout aussi importante. C’est ce que je crois, ce que je vois, ce que je perçois.

Pourquoi certaines politiques sont-elles prioritaires pour mériter un coup de massue au débat démocratique et d’autres pas ?

Combien d’entre nous se retrouvent en difficulté à cause du logement ? Logement trop cher, trop petit, insalubre, situé dans des quartiers défavorisés voire ancré dans un environnement d’insécurité.

Combien d’entre nous ont peine à payer leur loyer, à regretter lâcher autant d’argent pour un habitat qui n’en vaut, finalement, peut être pas la peine. Quels choix avons-nous que celui de subir notre condition « inhumaine » ?

Logement social, aide au logement de la Caisse des allocations familiales … lorsque l’accès à un logement décent du parc privé n’est pas possible ou que l’accès à la propriété est un doux rêve devenu presque scabreux. Voilà la destinée de centaines de milliers de personnes, en attente d’un monde meilleur.

1er constat : Le coût pour la création d’un logement social est évalué à 180000€ à Paris, certainement un peu moins en province.

Réflexion : Afin d’assurer une sécurité « sociale » du logement aux personnes les moins favorisées, ne vaut-il mieux pas leur permettre d’accéder à la propriété ? De nos jours, le patrimoine de la population est de moins en moins important et celui des nouvelles générations est moins le fruit de l’héritage que celui du travail ou de l’épargne, contrairement aux générations antérieures. Entre 2004 et 2010, les 10 % les plus fortunés ont vu leur patrimoine moyen augmenter de 400 000 euros. Les 10 % les moins fortunés ont gagné 114 euros.

Solutions : Proposer de vrais prêts immobiliers « sociaux » adaptés aux ressources des personnes.
Conséquences : Les personnes n’ayant pas la possibilité de se constituer un patrimoine pour assurer les accidents de la vie ou l’avenir de leur(s) enfant(s) auront la possibilité d’accéder à l’investissement immobilier social. A long terme, c’est un pouvoir d’achat sécurisé pour des millions de personnes.
En matière de prévention des expulsions : La construction de logements sociaux n’atteint pas les objectifs visés depuis plus de 30 ans. Il est temps de prendre des mesures pour moderniser la politique du logement et la rendre efficace. Les millions de personnes en difficulté dans le parc privé ne méritent pas d’être mis sur « liste d’attente ». Ils méritent la dignité, la vie et non la survie. Pour eux, la prévention de l’expulsion passe par la sécurisation de leur habitat avec l’accès à la propriété.

2ème Constat : La moitié des allocataires d’une aide au logement sont dans le parc social. Il y a presque autant de personnes en situation d’expulsion locative dans le parc social, que dans le parc privé. 700000 locataires du parc social ont des impayés locatifs, plus de 60000 ont été convoqués au tribunal, et plus de 5000 ont été expulsés par un bailleur social avec le concours de la force publique !

Réflexion : Les loyers dans le parc social ne sont pas adaptés aux ressources réelles des locataires. Les loyers sont souvent trop élevés. D’ailleurs, actuellement il y a plus de logements à loyers intermédiaires (plus chers) que de loyers dits « sociaux » (moins chers).

Solutions : Adapter les loyers des logements sociaux aux ressources des locataires (déjà dans le logement ou futurs locataires).
Conséquences : Adéquation entre l’offre et la demande au bénéfice des personnes les moins favorisées. Moins de dépenses en matière d’aide au logement puisque les loyers seront moins élevés à ressources constantes.
En matière de prévention des expulsions : Rendre l’administration réactive face aux situations difficiles et accidents de la vie (chômage, maladie, séparation…).

Le politique nous montre dans l’actualité sa capacité à innover, à faire bouger les lignes. Quand nous montrera t-il sa volonté de rendre les gens heureux ?

C’est pas grave ?

Hlm

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