Dépenses sociales et pauvres : « ça va mieux »?

La DREES vient de publier, en ce début du mois de Juin 2016, une étude sur les dépenses sociales. Elles n’augmenteraient (presque) plus ! Plus de 4% chaque année avant 2010, puis environ 2% en 2015.  Youpi, pourrait-on penser. Moins de besoins, moins de pauvres, donc. Après la pluie le beau temps ?! Pas si sûr …

L’Observatoire des inégalités, de son côté, publiait, en Mars 2016, un article nous signalant que les pauvres ce n’était pas qu’avant.  C’était avant, un peu moins pendant et surtout maintenant ! Le taux de pauvreté continue de progresser, atteignant 14% de la population en 2015, suivant un mouvement haussier depuis les années 2000.

Alors qui croire ?

Pour rappelle, dans les années « seventeen », les pauvres étaient trèèèès nombreux, avoisinant les 20% de la population. Puis, grâce à la hausse des dépenses sociales, qui ont doublées ces dernières décennies, passant de 15% du PIB à près de 33% du PIB, représentant 698Milliards d’euros, les pauvres ont bénéficié d’un « amortisseur social ». Bien sûr, cela est à relativiser. Pour l’exemple, tentez de vous assoir sur un rocher pointu, même avec un coussin, vous sentirez le rocher. Sous le poids, le coussin devient de moins en moins efficace. Avec les dépenses sociales, c’est pareil.

Si les dépenses diminuent, alors que le taux de pauvreté augmentent, c’est qu’il y a forcément un problème.

Les dépenses sociales concernent surtout les personnes âgées (retraite, soins…). Ils bénéficient de plus de 50% des dépenses sociales (je crois que ça atteint presque 70% d’ailleurs !) et ne sont pas toutes concernées par la pauvreté, bien au contraire.

En fin de compte, les dépenses sociales tournées vers les personnes sous le seuil de 60% du revenu médian, c’est à dire toutes celles qui (sur)vivent avec moins de 833€ (c’est quoi un pauvre?), sont peu élevées (voir le tableau des répartitions ci-dessous).

 

Les prestations sociales versées en 2014 par risque    En milliards d’euros
2014          Part du risque
Santé                                              241,4          35%
Vieillesse – survie                            313,4          45%
Famille                                             54,1            8%
Emploi                                              42,8            6%
Logement                                         18,0            3%
Pauvreté – exclusion sociale             20,1            3%
Total                                                689,8       100%
Source • DREES-CPS

Nous pourrions penser, que les pauvres coûtent cher. Au contraire !  Ne vous trompez pas ! Par exemple, parmi les prestations pour les personnes âgées, l’allocation de solidarité pour personnes âgées (ex minimum viellesse), perçue par près de 550000 minimum, versée par le Fonds de solidarité vieillesse, n’a coûté que 3 Milliards d’euros aux comptes de la sécu… alors que l’ensemble des retraites représente un montant de plus de 300 milliards d’euros.

Au final, notre système de solidarité n’est pas un poids pour le budget de la France. Au contraire, il permet à des personnes de survivre. En revanche, le système social, qui repose sur l’universalité de certaines prestations, coûteuses, car non soumis à plafonds de ressources, ou bien lorsqu’ils existent, ces barèmes sont trop élevés, ce système là est inégalitaire. Au lieu de donner plus au pauvre, on donne un peu à tout le monde. Pour le loto, cela serait un progrès, mais pour notre problème à tous, à savoir la lutte contre la pauvreté, ça ne peut pas aller dans le bon sens …

Alors quand vous entendrez parler de dépenses sociales, faîtes la part des choses, entre les dépenses allouées à ceux qui ont les moyens, et les autres… Vous comprendrez celles et ceux, comme moi, qui s’insurgent lorsqu’ils entendent certains intellectuels taper sur les pauvres.

 

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