L’accompagnement à la vie à la mort…

L’horreur a crevé l’écran de cinéma. Elle a envahi notre réalité. Ce n’est plus là-bas et ailleurs, c’est désormais et pour une durée indéterminée, là-bas, ailleurs, chez eux, chez vous, chez nous. Tout le monde se sent (enfin) concernés, cernés par des cons illuminés !

Les évènements tragiques qui s’éternisent, se banalisent gravement doivent nous amener à repenser les dispositifs d’accompagnement, afin de panser au mieux les plaies saignantes des drames qu’on est tous, un jour, susceptibles de traverser. Pansons ensemble le chemin de la vie à la mort pour un accompagnement dans la dureté, mais dans la durée, des vicissitudes d’une vie, qui a ses cris au matin et ses hurlements dans la nuit assombrie. Dépassons ainsi l’urgence. Un réel accueil des personnes endeuillées doit être organisé.

Car l’accompagnement social global a ses failles.

Si la naissance d’un enfant est suffisamment préparée par les institutions, que  le guichet unique de la vie fonctionne assez bien en France, il en est moins certain concernant celui de la mort.

Si la formation en travail social des assistants sociaux appréhende les étapes que traversent les personnes endeuillées, en pratique l’accueil de cette souffrance est bien souvent à mille lieues sous taire. Comme si la mort était un tabou administratif. Un mot banni des textes législatifs, des règlements, des dispositifs internes. Bref, un truc qui fait mal, très mal, qu’on exclu des services sociaux, ceux là mêmes sensés combattre contre l’exclusion de ce qui est exclu.

Il existe une multitude de dispositifs pour la maladie, du handicap à l’invalidité totale, en passant par la maladie de longue durée, le cancer, le sida… tout y passe, les guichets uniques se multiplient, ils prennent vie, enterrant brutalement nos morts, comme s’il n’y avait plus rien à faire. Comme s’ils n’existaient plus. C’est vrai, ils ne souffrent plus, sauf dans le coeur de ceux qui les ont aimés.

C’est bien qu’après la mort, la vie, et parfois la survie, continuent pour ces personnes qui ont perdues, un jour, d’un coup, pour toujours, un enfant, une femme, un mari, un père, une mère, un proche, un ami, un membre de la famille. Qu’importe en fait, une personne qui a su toucher en plein coeur.

L’accueil d’une personne endeuillée dans un service social de proximité polyvalent, c’est à dire un service unique généraliste, accueillant tout public pour toutes problématiques, peut se révéler compliqué, risquant de mettre le professionnel en difficulté en même temps que la personne en demande d’aide. Car après tout, que le professionnel souffre, ce n’est pas ça qui est grave.

Il y a un réel besoin de coordination entre les institutions. Une volonté forte de tous pour travailler ensemble, portée par les élus, nos dirigeants, les institutions de la République, afin que le premier accès au droit, soit celui de la dignité.

isa-moss-2

 

 

Publicités